Le chemsex, c’est quoi ? Le chemsex (contraction de “chemical” et “sex”) désigne des rapports sexuels sous l’influence de substances psychoactives, souvent sur plusieurs heures voire plusieurs jours. Concrètement, il s’agit de sessions organisées via applications ou réseaux, où la consommation de produits devient centrale dans l’expérience sexuelle. On y retrouve généralement : Ces sessions…

Sortir du chemsex : réalités, différences de genre et solutions concrètes en France


Le chemsex, c’est quoi ?

Le chemsex (contraction de “chemical” et “sex”) désigne des rapports sexuels sous l’influence de substances psychoactives, souvent sur plusieurs heures voire plusieurs jours. Concrètement, il s’agit de sessions organisées via applications ou réseaux, où la consommation de produits devient centrale dans l’expérience sexuelle.

On y retrouve généralement :

  • GHB (gamma-hydroxybutyrate) / GBL (gamma-butyrolactone) : des dépresseurs du système nerveux, désinhibants puissants avec risque de coma ;
  • cathinones de synthèse (comme la méphédrone) : ce sont des stimulants augmentant excitation et endurance ;
  • méthamphétamine : des stimulant très puissant, hautement addictif ;
  • des redosages fréquents pour prolonger les effets ;
  • des rapports sexuels longs, parfois collectifs ;
  • des pratiques à risque (rapports non protégés, consentement altéré) ;
  • parfois avec des injections de produits, appelée “slam”

Ces sessions peuvent durer 24 heures à plusieurs jours, avec privation de sommeil, déshydratation et épuisement physique.

👉 Contrairement à une consommation festive classique, ici le produit structure la sexualité : sans lui, la rencontre n’a souvent pas lieu.

Comme le souligne le scientifique David Stuart :

« Le chemsex repose sur un conditionnement entre excitation sexuelle et produit. »


Une mécanique addictive spécifique

Le cerveau enregistre une association directe :
plaisir sexuel intense = produit

Avec le temps, la sexualité sans substance devient difficile, voire impossible.


Une réalité très genrée

Chez les hommes (notamment HSH)

Le chemsex est particulièrement documenté chez les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) :

  • forte présence sur les applications de rencontre
  • pratiques collectives plus fréquentes
  • usage de stimulants puissants
  • exposition accrue aux IST (infections sexuellement transmissibles), dont le VIH

Dans certains réseaux, la pratique est banalisée.

Rappel : une grande enquête nationale sur les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes est disponible via cet article.


Chez les femmes : une pratique moins visible

Chez les femmes, le phénomène existe mais diffère avec :

  • un cadre plus privé (couple ou petits groupes) ;
  • une consommation souvent liée à l’anxiété ou à des blocages sexuels ;
  • une vulnérabilité accrue aux violences sous substances ;
  • une dimension affective plus marquée.

👉 Moins visible, mais tout aussi préoccupant.


Des différences selon l’âge

Pour les jeunes adultes

Quelques caractéristiques :

  • une entrée via les réseaux sociaux et certaines applications ;
  • une recherche d’expériences intenses ;
  • une influence du groupe.

👉 Installation rapide des mécanismes addictifs.


Pour des adultes plus âgés

Quelques caractéristiques pour cette catégorie de personnes :

  • une consommation installée et ritualisée ;
  • un lien avec solitude ou ruptures ;
  • des habitudes ancrées.

👉 Nécessité d’un travail thérapeutique plus profond.


Les stratégies pour en sortir

1. Briser le lien sexe-produit

  • suspendre les rapports sous substances ;
  • réapprendre une sexualité sans produit ;
  • accepter une baisse temporaire du désir.

2. S’inscrire dans un parcours de soins

En France, les structures clés sont les CSAPA (Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie).

Ces centres proposent :

  • un suivi médical ;
  • un accompagnement psychologique ;
  • soutien social.

Selon Laurent Karila, célèbre médecin psychiatre français :

« Le chemsex nécessite une prise en charge globale, à la fois addictive et psychosexuelle. »


3. Travailler les causes profondes

  • identifier les déclencheurs (anxiété, solitude, honte) ;
  • améliorer l’estime de soi ;
  • comprendre les besoins affectifs.

Comme le rappelle Alexandra Ogden :

« Il s’agit souvent d’une réponse à une souffrance. »


4. Réduction des risques (si arrêt progressif)

Plusieurs possibles peuvent être prises pour réduire les risques :

  • éviter de consommer seul ;
  • contrôler les doses (surtout GHB/GBL) ;
  • utiliser des protections (préservatifs, PrEP — prophylaxie pré-exposition au VIH) ;
  • rester hydraté.

5. Modifier l’environnement

  • prendre distance avec certains réseaux ;
  • limiter les applications de rencontre ;
  • éviter les contextes à risque.

6. Réapprendre le plaisir

  • activité physique.
  • sexualité progressive.
  • relations sociales hors contexte de consommation.

📍 Où se faire aider en région PACA

Les CSAPA sont gratuits, anonymes et accessibles sans avance de frais. Voici les adresses pour s’y rendre :

  • Association Addiction France – CSAPA de Toulon
    ☎️ 04 94 92 53 46
  • CSAPA Equinoxe
    ☎️ 04 94 01 46 90

👉 Ces structures proposent un accompagnement complet : médical, psychologique et social, sans jugement.


Spécificités en région PACA

Notre région possède les caractéristiques suivantes :

  • une forte activité touristique ;
  • une vie nocturne développée ;
  • Une accessibilité des substances.

👉 Le principal frein reste le non-recours aux soins, souvent lié à la honte ou à la banalisation.


Ce qui ne fonctionne pas

  • vouloir gérer seul ;
  • “simplement réduire” sans suivi ;
  • remplacer une substance par une autre ;
  • ignorer la dimension psychologique.

Conclusion

Sortir du chemsex, ce n’est pas seulement arrêter une pratique.

C’est reconstruire :

  • une sexualité autonome ;
  • un équilibre émotionnel ;
  • un rapport au plaisir plus stable.

Le combat est exigeant, mais possible à condition d’être accompagné et de traiter le problème dans toute sa complexité.

Bon courage à toutes et tous !