Chaque été, lors des incendies en Provence, et c’est d’autant plus vrai cette année avec les terribles feux des Arcs et de Pontevès, une lettre attribuée à Napoléon refait surface sur les réseaux sociaux. L’Empereur y ordonnerait au préfet du Var de « faire fusiller sur place » les pyromanes. Problème : ce document est un faux…

Non, Napoléon n’a jamais ordonné de fusiller les pyromanes du Var : l’histoire de ce faux qui resurgit chaque été

Chaque été, lors des incendies en Provence, et c’est d’autant plus vrai cette année avec les terribles feux des Arcs et de Pontevès, une lettre attribuée à Napoléon refait surface sur les réseaux sociaux. L’Empereur y ordonnerait au préfet du Var de « faire fusiller sur place » les pyromanes.

Napoléon Bonaparte

Problème : ce document est un faux grossier, fabriqué en 1969. Voici donc quelques explications.


🔍 L’origine du canular : un faux créé en 1969

La prétendue lettre, datée du 21 août 1809 et adressée au préfet du Var, circule massivement sur Facebook, X et les forums dès que les feux de forêt font rage en Provence et de fait en Gironde. Pourtant, son authenticité a été démentie à plusieurs reprises par des historiens renommés :

  • Pierre Branda (Fondation Napoléon) et Thierry Lentz (directeur de la Fondation Napoléon) confirment qu’elle n’apparaît dans aucune archive, y compris dans la Correspondance générale de Napoléon (40 000 lettres publiées).
  • Charles-Eloi Vial (archiviste paléographe) précise qu’aucune trace n’existe dans les archives du préfet du Var de l’époque, Pierre-Melchior d’Azémar.

Pourquoi ce faux a-t-il été créé ? Il s’agit d’une invention d’un éditeur en 1969, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Napoléon, pour alimenter le mythe d’un Empereur impitoyable et autoritaire.


❌ Les erreurs qui trahissent le faux

Les experts relèvent plusieurs incohérences dans ce document :

  1. Formule d’appel fantaisiste :
    • La mention « Napoléon, par la grâce de Dieu » n’a jamais été utilisée par l’Empereur. Il signait ses lettres « Napoléon » ou « Np » (abréviation).
  2. Destinataire improbable :
    • Napoléon ne s’adressait jamais directement aux préfets : il passait systématiquement par ses ministres (ex : ministre de l’Intérieur).
  3. Calligraphie incompatible :
    • L’écriture ne correspond à aucun style connu de Napoléon ou de ses secrétaires (qui rédigeaient la majorité de ses courriers).
  4. Contexte juridique absurde :
    • Même à l’époque, un pyromane avait droit à un procès (article 32 du Code pénal de 1791). « On ne se faisait pas fusiller sans jugement sous Napoléon », rappelle Jacques-Olivier Boudon, historien spécialiste du Premier Empire.

Cette lettre, partagée des milliers de fois, est un faux fabriqué en 1969

Cette lettre, partagée des milliers de fois, est un faux fabriqué en 1969

📜 Que dit vraiment la législation de l’époque ?

Contrairement à ce que laisse entendre le faux, la peine de mort pour pyromanie existait bien dans le Code pénal de 1791, mais :

  • Elle nécessitait un procès et une condamnation.
  • Les exécutions sommaires étaient interdites, même pour les crimes les plus graves.
  • Aucun cas documenté ne prouve que Napoléon ait ordonné une exécution sans jugement.

🔥 Pourquoi ce fake resurgit-il chaque été ?

  1. Contexte émotionnel : La colère face aux incendies (comme ceux de 2022 dans le Var ou 2026 en Provence et en Gironde donc) pousse les internautes à chercher des solutions radicales, réelles ou imaginaires.
  2. Viralité des réseaux sociaux : La lettre est partagée plus de 24 000 fois depuis 2022 (source : AFP Factuel), souvent avec des légendes du type : « Il ne rigolait pas, Napoléon ! » ou « À l’époque, on savait comment faire… ».
  3. Mythification de Napoléon : L’image d’un Empereur impitoyable (renforcée par des films ou des mémes) alimente la crédulité.
  4. Le contexte politique : Avec les prochaines élections présidentielles, tout ce qui touche à l’autoritarisme fait recette.

✅ Comment vérifier cette information historique ?

Pour éviter de relayer des fake news, voici des outils fiables :

  1. Consulter les archives :
  2. Vérifier avec des experts :
    • Pierre Branda (Fondation Napoléon) ou Jacques-Olivier Boudon (Université de Rouen) sont des références.
  3. Utiliser des sites de fact-checking :

Remarque : Article généré par IA avec corrections ou rajouts manuels

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